Qu’est-ce que la féminité ?

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De nombreuses femmes se demandent si elles sont vraiment des femmes parce qu’elles ne sentent pas attirées par tout ce que « la femme » représente. Il est difficile aujourd’hui de se faire accepter quand on n’entre pas dans un moule. Vous verrez pourtant que la notion d’être « femme » est un fantasme inventé de toutes pièces. Ne changez rien, vous êtes merveilleuse comme vous êtes.

Il existe une définition de la féminité : « La féminité est l’ensemble des caractères morphologiques, psychologiques et comportementaux spécifiques, ou considérés comme spécifiques aux femmes. »

Y a-t-il vraiment des caractères spécifiques aux femmes, à part donner la vie et avoir un vagin ? Ou est-ce la société qui les a forgés ?

Quand une internaute pose la question sur un forum « la féminité, c’est quoi pour vous ? », les témoignages diffèrent :

 » J’ai une perception assez négative…
… de la féminité. Pour moi, être féminine c’est être superficielle : bien habillée, bien coiffée, bien maquillée, des bijoux partout, vernis à ongles, talons hauts, collants etc… »

« Alors, la féminité selon moi, c’est de la classe, de la fraîcheur, de l’innocence de petite fille, un brin de mystère. Rien à voir avec les vêtements et le maquillage. »

« Pour moi la féminité, c’est faire preuve de sensibilité, de force de caractère aussi, en fait c’est un mélange savant des 2. »

« Pour moi, être féminine c’est pas forcément une histoire de robes, de talons et de cheveux parfaitement coiffés chaque jour. »

« C’est un tout, une manière de parler, de se comporter, de s’habiller… je pense être très féminine, non pas parce que j’ai les cheveux longs et que je porte souvent des jupes, mais parce que je parle doucement et calmement, que j’ai un vocabulaire correct, que je prends soin de moi, de ma tenue bref de tout… »

La notion de féminité ne semble fondée que sur un ressenti. On ne peut donc pas demander à une femme de suivre un fondement qui ne repose finalement sur rien de concret. Elle a juste besoin d’être elle-même. Le monde serait ennuyeux si nous avions tous le même caractère, n’est-ce pas ?

Peut-on en conclure que la féminité ne se voit pas forcément, qu’elle se ressent ? Chaque femme se fait sa propre opinion selon son caractère.

La société a transformé la féminité en cliché, en superficialité

 


Source photo : tuxboard.com

Le problème est qu’on force les femmes à « prendre soin d’elle », c’est-à-dire se coiffer, bien s’habiller, se maquiller, faire en sorte d’avoir une peau parfaite, s’épiler, rester mince… Si elles ne le font pas, elles doivent essuyer les remarques déplaisantes comme « tu pourrais faire un effort », « ça t’irait bien », « tu n’es pas une femme ». Elles se font passer pour des femmes dépressives qui n’ont plus envie de se regarder dans le miroir. J’ai vu dans l’émission Super Nanny que Sylvie va jusqu’à dire qu’une femme qui ne prend pas soin d’elle ne peut pas se faire respecter par ses enfants.

Mais… et si c’était un choix ? Pourquoi devrait-on obliger les femmes à faire ce qu’elles n’ont pas envie de faire ? On accorde beaucoup d’importance à l’image renvoyée, au physique, après tout c’est ce qu’on regarde en premier. On scrute, on juge sans savoir. Oh tiens celle-ci est trop maquillée, elle doit sûrement être stupide et superficielle. L’autre est fade et mal fringuée, elle ne doit pas avoir beaucoup d’amis… Que des jugements fondés seulement sur le physique.

« La féminité ne constitue pas une condition, une nature… C’est une situation imposée par les hommes. » Raives

On va jusqu’à forcer les femmes à s’épiler depuis des années alors que ce n’est pas nécessaire, si les poils sont là c’est qu’il y a une bonne raison. Mais ne pas s’épiler reviendrait à ressembler à un homme et ça, ce n’est pas acceptable aux yeux des autres. Essayez donc de vous balader un été avec des jambes poilues, tout le monde vous regardera de travers. Ce n’est pourtant pas normal d’être traitée ainsi mais on nous a appris à ne pas aimer les poils, à les trouver dégoûtants et à s’en débarrasser.

De même qu’une femme faisant du sport doit rester belle en transpirant. Elle doit faire attention à ne pas se salir et elle doit exercer une activité que pour rester mince et non pour le plaisir. Une femme pleine de boue et musclée n’est tellement pas sexy, n’est-ce pas ?

Source photo : marieclaire.fr

Chaque femme devrait pouvoir se comporter comme elle le souhaite sans être jugée constamment

 

On nous met dans des cases dès l’enfance : « Tu es une fille donc tu feras de la danse, tu es un garçon alors tu feras du foot », les petites filles qui préfèrent les activités sportives – dites « pour les garçons » alors qu’elles sont accessibles à tout le monde – seront cataloguées de « garçon manqué ». Elles grandiront avec cette idée d’être à moitié garçon parce qu’elles n’aiment pas les poupées et se demanderont alors si elles sont femmes plus tard.

« La féminité n’est pas une incompétence. Elle n’est pas non plus une compétence. »
Françoise Giroud


Source photo : twitter

« jouets amusants pour garçons »

Ce fantasme autour de la femme aimante, séduisante, belle (voir objet sexuel) étouffe celles qui n’ont pas envie de l’être. Cela fait d’elles des hommes ? Non ! Un homme peut tout à fait être désigné par les mêmes adjectifs mais eux aussi doivent suivre le chemin qu’on leur impose : sois fort, ne pleure pas, travaille.

A force de voir des femmes « parfaites » dans les médias, certains hommes (pas tous heureusement) se mettent à idéaliser la femme et à vouloir la même à la maison. On a tendance à faire croire aux femmes qui ne veulent pas ressembler aux standards imposés qu’elles ne trouveront pas l’amour si elles ne changent pas. Si c’était vrai, elles seraient toutes célibataires et ce n’est pas le cas.

Le plus important est de se sentir bien. Une femme qui n’aime pas les talons ne va pas se sentir à l’aise et ça se verra

 

Mais qu’importe : une femme n’est pas censée avoir de tels sentiments, elle doit illustrer parfaitement le proverbe « sois belle et tais toi ». Elle ne doit pas trop manger, savoir cuisiner, elle doit sourire en toutes circonstances, faire plaisir aux hommes mais pas trop, sinon c’est une « salope ». Elle doit aimer les enfants, s’en occuper et travailler, tout en étant moins bien payée que les hommes.

C’est une triste réalité qui heureusement n’est pas généralisée. Des femmes se battent chaque jour pour changer les mentalités mais là encore, il arrive qu’on les traite comme des folles, des névrosées…

Pour conclure, il n’y a pas de féminité, il y en a plusieurs. Une femme devrait pouvoir être qui elle veut, faire ce qu’elle veut, ne pas se poser de questions, ne pas être jugée, ne pas faire ce qu’on lui dit, vivre, tout simplement. Il n’y a pas de crime à aimer les faux ongles ou le rouge à lèvre, tout comme il n’y en a pas à ne pas les aimer.

« Chacune d’entre nous se situe quelque part entre la neutralité frôlant la masculinisation et l’outrance touchant à la caricature, et nulle ne devrait se trouver stigmatisée pour ce qu’elle présente d’elle. »

Camille Froidevaux-Metterie

Source photo : lasantepourtous.com

Combien de fois vous vous êtes retenue de vous comporter de telle ou telle façon parce que vous aviez peur qu’on vous regarde de travers ? Combien de fois vous vouliez faire un « truc d’homme » et qu’on vous a dit non ? Combien de fois un homme vous a repoussée parce que vous n’étiez pas assez « féminine » selon lui ?

Ce n’est pas vous qui avez un problème. Vous voulez juste être vous, mais ceux qui l’acceptent sont peu nombreux. Les mentalités changent mais le combat est encore long !


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